Les plats chinois les plus connus : 10 spécialités traditionnelles

La cuisine chinoise se divise en huit grandes traditions régionales, chacune avec ses plats signatures. Du canard laqué de Pékin aux dim sum cantonais, ces spécialités chinoises reflètent plus de 2 000 ans de savoir-faire culinaire. Voici les plats chinois les plus connus, leurs origines et ce qui les rend uniques.
Huit traditions culinaires pour un seul pays
La Chine ne possède pas une cuisine, mais huit (八大菜系). Quatre traditions historiques forment le socle : Shandong, Sichuan, Canton et Jiangsu. Quatre autres les complètent : Zhejiang, Fujian, Hunan et Anhui.
Chaque région cultive un profil gustatif distinct. Le Sichuan mise sur le piment et le poivre. Canton privilégie la fraîcheur des ingrédients et les cuissons vapeur. Le Shandong excelle dans les fritures et les cuissons à haute température. Le Hunan combine fumage et saveurs aigres-douces.
| Cuisine | Région | Saveur dominante | Plat emblématique |
|---|---|---|---|
| Cantonaise | Guangdong | Douce, fraîche | Dim sum |
| Sichuanaise | Sichuan | Pimentée, engourdie | Mapo tofu |
| Shandong | Nord-Est | Salée, aromatique | Poisson braisé |
| Jiangsu | Est | Sucrée, légère | Côtes caramélisées |
| Zhejiang | Est | Délicate, naturelle | Porc Dongpo |
| Hunan | Centre-Sud | Pimentée, fumée | Porc à la hunanaise |
| Fujian | Sud-Est | Umami, aigre-douce | Bouillon fo tiao qiang |
| Anhui | Est intérieur | Rustique, herbes | Tofu fermenté |
Cette diversité explique pourquoi les sauces asiatiques varient autant d’une province à l’autre : sauce soja claire au Guangdong, pâte de piment douban au Sichuan, vinaigre noir à Jiangsu.
Canard laqué de Pékin, icône de la gastronomie impériale
Le canard laqué apparaît pour la première fois dans le Yinshan Zhengyao, un traité culinaire du XIVe siècle rédigé par le médecin Hu Sihui. À cette époque, seule la cour impériale de la dynastie Ming (1368-1644) y accède.
La préparation exige un savoir-faire précis. Le canard est gonflé d’air pour séparer la peau de la chair, enduit d’un mélange de malt et de vinaigre, puis rôti dans un four ouvert. Cette technique du four ouvert remplace l’ancienne cuisson en four fermé à partir de la dynastie Qing (1644-1912).
Le plat se déguste en trois services : la peau croustillante posée sur une crêpe fine avec ciboule et sauce hoisin, la chair accompagnée de légumes sautés, les os transformés en bouillon. Trois textures, trois plats, un seul canard.
Ce plat traditionnel chinois devient le favori de l’empereur Qianlong au XVIIIe siècle. Le restaurant Quanjude à Pékin, fondé en 1864, en sert plus de 3 millions par an.
Dim sum cantonais, l’art des bouchées vapeur
Le mot “dim sum” (點心) signifie “toucher le cœur” en cantonais. La tradition remonte à la dynastie Tang (618-907), quand les voyageurs de la Route de la soie s’arrêtaient dans les maisons de thé pour grignoter de petites bouchées entre deux étapes.
Plus de 2 000 variétés de dim sum existent aujourd’hui. Les plus connues :
- Har gau : ravioli aux crevettes translucide, enveloppé dans une pâte d’amidon de blé
- Siu mai : bouchée ouverte au porc et aux crevettes, reconnaissable à sa forme en panier
- Char siu bao : brioche vapeur farcie au porc laqué, moelleuse et légèrement sucrée
- Cheong fun : rouleau de pâte de riz garni de crevettes ou de bœuf, nappé de sauce soja
Le yum cha, cette tradition du thé accompagné de dim sum, reste un rituel dominical à Canton et Hong Kong. Les serveurs circulent avec des chariots de paniers en bambou fumants. Le repas dure entre une et deux heures.
Les stars du Sichuan : mapo tofu et poulet gong bao
Le mapo tofu naît à Chengdu vers 1862 dans l’échoppe de Mme Chen, surnommée “Chen Mapo”. Sa recette initiale associe du tofu, du porc haché, du piment et du poivre du Sichuan. Dans les années 1920, le chef Xue Xiangshun remplace le porc par du bœuf et ajoute la pâte de fèves fermentées douban, créant la version actuelle.
Le poulet gong bao (kung pao) doit son nom à Ding Baozhen (1820-1886), gouverneur du Sichuan sous la dynastie Qing. Le plat combine des dés de poulet sautés au wok avec des cacahuètes grillées, des piments séchés et du poivre du Sichuan. Pour le réussir chez vous, un bon wok en acier carbone fait toute la différence.
Ces deux plats incarnent le profil “málà” du Sichuan : un mélange de piment brûlant (là) et d’engourdissement du poivre (má). Le Sichuan compte à lui seul plus de 5 000 recettes répertoriées dans ses registres culinaires provinciaux.
Jiaozi et spécialités du Nouvel An chinois
Les jiaozi (raviolis chinois) se consomment toute l’année, mais prennent une dimension symbolique au Nouvel An. Leur forme évoque les lingots d’argent de la Chine ancienne, signe de richesse et de prospérité. Les familles chinoises les préparent ensemble le soir du réveillon, avant minuit.
La farce classique mélange du porc haché, du chou chinois, du gingembre et de la ciboule. Certains y glissent une pièce de monnaie : celui qui la trouve aura de la chance pour l’année. Le nord de la Chine consomme en moyenne 15 à 20 jiaozi par personne lors du repas du Nouvel An.
Trois méthodes de cuisson coexistent :
- Bouillis (shuǐ jiǎo) : la version la plus répandue dans le nord
- Grillés (guō tiē) : rissolés sur une face, vapeur sur l’autre
- À la vapeur (zhēng jiǎo) : pâte plus fine, souvent translucide
Le Nouvel An chinois rassemble aussi d’autres plats symboliques : le poisson entier (symbole d’abondance), les nouilles de longévité (longue vie) et le niangao, gâteau de riz glutineux dont le nom signifie “année en hausse”.
Fondue chinoise : plus de 100 000 restaurants en Chine
Le hot pot (火锅) rassemble convives et ingrédients autour d’un bouillon frémissant. Chacun plonge viandes, légumes, tofu et nouilles dans la marmite commune. La version sichuanaise utilise un bouillon rouge chargé en piment et poivre. La version pékinoise, plus douce, mise sur un bouillon clair au mouton.
Cette nourriture chinoise conviviale a explosé ces dernières décennies. La Chine compte plus de 100 000 restaurants de hot pot, et le concept s’exporte dans plus de 50 pays. La chaîne Haidilao, fondée en 1994, opère plus de 1 400 établissements dans le monde.
Le hot pot sichuanais se distingue par sa marmite à deux compartiments : un côté épicé, un côté doux. Cet aménagement permet de satisfaire tous les palais à la même table.
Riz cantonais et nouilles sautées, piliers du quotidien
Le riz cantonais (chǎo fàn) reste le plat chinois le plus cuisiné au monde. Sa base : du riz cuit la veille, sauté au wok à feu vif avec des œufs, des petits pois, des crevettes et de la ciboule. La clé réside dans le “wok hei”, cette saveur fumée que seule une cuisson à plus de 300 °C produit.
Les nouilles sautées (chǎo miàn) suivent le même principe. Blé au nord, riz au sud : le type de nouille change selon la région. Les nouilles de Lanzhou, étirées à la main, nécessitent trois ans d’apprentissage pour être maîtrisées. Un bol coûte entre 7 et 15 yuans en Chine, soit environ 1 à 2 euros.
| Plat | Région d’origine | Ingrédient clé | Difficulté maison |
|---|---|---|---|
| Canard laqué | Pékin | Canard entier | Élevée |
| Dim sum (har gau) | Canton | Crevettes, amidon | Moyenne |
| Mapo tofu | Sichuan | Tofu, douban | Facile |
| Poulet gong bao | Sichuan | Poulet, cacahuètes | Facile |
| Jiaozi | Nord (Dongbei) | Porc, chou | Facile |
| Hot pot | Sichuan, Chongqing | Bouillon, piment | Facile |
| Riz cantonais | Canton | Riz, œufs, crevettes | Facile |
Retrouver ces plats chinois authentiques en France
La France compte environ 8 000 restaurants chinois. Les grandes villes offrent le plus de choix : Paris (Belleville, XIIIe arrondissement), Lyon et Marseille concentrent les adresses les plus authentiques.
Pour repérer un restaurant fidèle aux traditions, observez la carte. Un menu spécialisé par région (sichuanais, cantonais, dongbei) vaut mieux qu’un menu fourre-tout de 200 plats. La présence de clients chinois reste un indicateur fiable.
Trouver un bon restaurant asiatique à proximité demande un peu de recherche. Les options de traiteur chinois permettent aussi de préparer un repas chinois maison festif. Les kits de fondue à emporter simplifient la préparation du hot pot à domicile.
Prochaine étape : choisir un plat traditionnel chinois et le cuisiner vous-même. Commencez par les jiaozi, qui ne demandent que de la farine, de l’eau et une farce simple. Résultat visible dès la première tentative.


